La Fifac Newsletter #2

La Newsletter du FIFAC 2

La Fifac Newsletter #2

Tous les jours, découvrez la newsletter du FIFAC. Pour la deuxième journée, le portrait de Walles Kotra, Directeur du réseau France Télévisions d’Outre-Mer, le programme de la journée et de demain et l’interview de Clémence Mouton, Rédactrice en Chef Adjointe de Chronique du Maroni.

Téléchargez le PDF complet de notre newsletter en bas de la page et bonne lecture !

Edito

FIFAC, c’est parti et tel que cela était annoncé une ligne éditoriale se dégage et s’affirme : produire et être vu. Du Plateau des Guyanes aux Caraïbes, du Brésil au Vénézuela, du Suriname à Haïti, les peuples autochtones, les citoyens, s’accordent à vouloir une autonomie de production, de prises de parole, mais pour qui, si l’on ne peut être ni vu ni entendu ? L’expérience et l’exemple du FIFO en océanie prouve que cela est accessible. Comment rendre possible ce processus, ces collaborations à l’échelle mondiale ? Comment résister à cette « irradiation des USA » et ses déferlements de séries qui nous emmènent finalement toujours davantage dans un univers monocorde, insipide et trop souvent violent ? Comment relever le défi de la nourriture intellectuelle quand le défi du jour est celui de sauver la planète et sortir des inégalités ? Comment, si ce n’est encore une fois en prenant la parole, en fabriquant des documentaires pour parler soi-même, de sa réalité ? C’est peut-être l’addition de ces réalités qui nous emmènera vers une autre idée de ce que certains voudraient détenir : la vérité.

C’est ambitieux, certes, c’est un pari, que va relever le FIFAC, participer à cette idée que sans doute, « un autre monde est possible ».

Que ce festival continu de vous porter vers le bon sens…

MD

Le portrait du jour : Walles Kotra

Walles Kotra, directeur du réseau France Télévisions d’Outre-Mer depuis 2016, est présent cette semaine au festival du FIFAC, qui se déroule pour la première fois cette année en Guyane, dans les vestiges du bagne de Saint Laurent du Maroni. Son rôle ici est de mettre en valeur l’identité des territoires de l’Amazonie-Caraïbe.

FNL : C’est une première pour la Guyane d’accueillir le FIFAC en son territoire, quelles sont vos attentes ?

Il y a plusieurs attentes, la première étant de proposer du contenu sur non seulement la Guyane mais également l’Amazonie et les Caraïbes. C’est évidemment compliqué car ce sont des pays qui ne se voient pas très souvent, ainsi il faut faire en sorte que les acteurs du visuel se rencontrent, et qu’eux-mêmes conçoivent des projets. Il s’agit d’un travail à long terme. C’est le premier festival qui se déroule en Guyane, nous aimerions qu’il se reproduise tous les ans afin de voir sur nos écrans une production finale qui mettrait en avant les territoires d’Outre-Mer. Voilà la logique de ce festival.

FNL : De quelle manière le groupe France Télévisions apporte-t-il son soutien au FIFAC ?

C’est une stratégie de France Télévisions qui consiste à démontrer que ce groupe télévisé n’a pas pour seule identité d’être européen, mais bien mondial. Le FIFO est déjà un festival de ce type qui relie de nombreux pays du Pacifique afin de les mettre en valeur. C’est important que les responsables du réseau France Télévisions qui sont à Paris, viennent ici et se rendent compte des facteurs présents sur le territoire. L’idée se résume à se dire finalement qu’il y a possibilité d’enrichir notre groupe télévisé, et d’avoir une ouverture mondiale.

FNL : Quel est l’enjeu de la disparition de France Ô sur les autres chaînes d’Outre- Mer ?

La disparition de France Ô a été un choc pour nous, mais cela nous a permis de nous rendre compte que le problème ne venait pas de la chaîne mais bien de la visibilité de l’Outre-Mer par la Métropole. Il y a une volonté de groupe de la part de l’Amazonie-Caraïbe de se retrouver sur des chaînes telles que France 2, France 3 ou France 5 et de rentrer dans les offres numériques. D’où ma présence ici dans ce festival. On cherche à favoriser notre relation avec les écoles, avec des élèves comme vous, car vous êtes les spectateurs de demain. Finalement, ce n’est pas un enjeu pour les autres chaînes mais plutôt pour nous, en tant que participants. C’est pourquoi nous nous mobilisons au maximum.

FNL : Quel est l’enjeu de la disparition de France Ô sur les autres chaînes d’Outre- Mer ?

La disparition de France Ô a été un choc pour nous, mais cela nous a permis de nous rendre

FNL : Quel est l’enjeu de la disparition de France Ô sur les autres chaînes d’Outre- Mer ?

La disparition de France Ô a été un choc pour nous, mais cela nous a permis de nous rendre compte que le problème ne venait pas de la chaîne mais bien de la visibilité de l’Outre-Mer par la Métropole. Il y a une volonté de groupe de la part de l’Amazonie-Caraïbe de se retrouver sur des chaînes telles que France 2, France 3 ou France 5 et de rentrer dans les offres numériques. D’où ma présence ici dans ce festival. On cherche à favoriser notre relation avec les écoles, avec des élèves comme vous, car vous êtes les spectateurs de demain. Finalement, ce n’est pas un enjeu pour les autres chaînes mais plutôt pour nous, en tant que participants. C’est pourquoi nous nous mobilisons au maximum.

FNL : Nous savons que la chaîne France Ô repose sur des programmes à visée culturelle. Pourquoi, selon vous, cela attire-t-il moins de spectateurs que les autres chaînes d’Outre-Mer ?

C’est une offre thématique pour la Métropole, l’idée est donc d’essayer d’intégrer cette offre-là à une échelle généraliste. Par exemple, cette année, nous allons produire 16 fictions d’Outre-Mer car celles-ci attirent davantage le public français depuis ces dernières années. Nous pouvons compter parmi elles la série phénomène « Inspecteur Marlot » tournée sur le territoire guadeloupéen, qui à elle seule rassemble sept millions de téléspectateurs.

FNL : Que pensez-vous de l’avis du Président Emmanuel Macron au sujet de France Ô, qui ne la juge « pas indispensable » ?

C’est difficile de commenter les propos de notre Président, mais je dois admettre que ceux-ci nous ont particulièrement touchés. Cependant, nous tentons de rester concentrés sur le sujet de la visibilité. Pour avoir dirigé cette chaîne, je peux admettre qu’elle soit périphérique. Donc à partir du moment où sa suppression a été annoncée, notre but premier était de faire en sorte que cette chaîne périphérique ne devienne pas quelque chose d’inexistant. Notre pari a donc été de refonder la place de l’Outre- Mer dans l’offre publique, bien que ce dernier soit loin d’être gagné. Mais nos constats sont encourageants. C’est pourquoi nous cherchons autant que possible à créer du contenu en postant des journalistes au sein des régions de l’Amazonie-Caraïbe. Ce qui nous permet d’être informés en permanence sur des évènements majeurs établis sur ces territoires afin de les retransmettre à notre audience. L’avis du Président Emmanuel Macron nous pousse donc à écrire une autre page d’Histoire.

Propos recueillis par Laurie-Anne Antoine et Honorine Huvelle

Produire en région

Lié au besoin de structurer et de développer dans nos régions les industries audiovisuelles en pleine mutation, à l’heure du tout numérique et de la disparition de France ô, le Fifac interroge l’ensemble des professionnels concernés sur la question qui perdure depuis plus de 10 ans2 : quand va-t-il être donné à voir une image des territoires d’Outre-mer vue par des gens d’Outre-mer comme évoqué lors des 1ers États généraux de l’audiovisuel et du cinéma de 2009 à Saint-Laurent du Maroni ?

Aujourd’hui, à peine 5 ou 10 % des images des Outre-mers, sont réalisés ou produits en Outre-mer. La grosse majorité des aides à l’audiovisuel et au cinéma de nos régions Antilles-Guyane ne sert pas les productions locales. Idem des aides nationales. Tout est concentré en Hexagone.

Faut-il instaurer des quotas ? Pourquoi l’ensemble des télévisions et médias d’Amazonie Caraïbe ne ré-orienterait pas leur politique éditoriale, de commande et de coproduction vers plus de local, plus de durable ? Comment, nous, producteurs pouvons-nous répondre à cette demande ? Quels sont les freins à la production en Outre-mer et quelles seraient les solutions à apporter ? Quel est le poids économique et les emplois dans cette filière ? Qu’en sera-t-il demain ? Quelles formations sont nécessaires ?

Autant de sujets à aborder, avec en appui des témoignages d’Aquitaine, des Hauts-de-France, des Antilles, d’ile-de-France…

Didier Urbain

1-Spacom : Syndicat desproducteursaudiovisuel et cinéma desOutremer

2- 1ersEtatsgénéraux du Cunéma et de lAudiovisuel en Guyane, organisésà StLaurent du Maroni en juin 2009

Chronique du Maroni : l’Ouest Guyanais en progression

Chronique du Maroni est un média de proximité, developpé par AVM (Atelier Vidéo et Multimédia) en 2015 dont l’objectif est de combler la sous-médiatisation de l’Ouest Guyanais. C’est par le biais de formations de web reporters que Chronique du Maroni va à la rencontre des habitants pour promouvoir des actions citoyennes afin de lutter contre les discriminations, préserver l’environnement et favoriser la mixité sociale. Présente au FIFAC, nous avons interviewé la rédactrice en chef adjointe Clémence Mouton.

FNL : Dans quel but avez-vous décidé de créer « Chronique du Maroni » ?

C.M : Nous avons décidé de créer Chronique du Maroni afin de mettre en avant l’initiative locale et la culture Guyanaise mais aussi parce qu’il n’y avait pas beaucoup d’expositions médiatiques. Cela permet aussi de mettre en lumière les jeunes de l’Ouest Guyanais et casser ainsi les stéréotypes comme par exemple les jeunes qui ne savent que faire la « mule » (porteur de cocaïne).

FNL : Le créer était-il difficile pour vous ?

C.M : Quand j’ai commencé à travailler chez AVM, Chronique du Maroni existait déjà. Cependant Il y a toujours des difficultés pour faire exister ce média car nous avons du mal à boucler le budget et la formation des jeunes prend beaucoup de temps.

FNL : Pour rebondir sur votre réponse nous avons constaté que l’ensemble de l’équipe de vos chroniqueurs / stagiaires sont des jeunes issus de l’Ouest Guyanais. Quels débouchés pour eux à la fin de leur stage ?

C.M : il s’agit en fait d’une formation d’une semaine. Mon but en tant que rédactrice en chef adjointe est de les intégrer à une équipe, de les former et de les accompagner grâce au travail que nous menons avec Cédric Ross, chef de projet, Hervé Schrocron, animateur audiovisuel et Ilan Atipa, médiateur culturel. Ils reçoivent également un apprentissage aux techniques de cadrage. Après une semaine de formation, Chronique du Maroni peut proposer aux jeunes les plus persévérants un contrat de pigiste et être payés au reportage.

FNL : Pour terminer quels sont vos objectifs cette semaine au sein du FIFAC ?

CM : Pour ce festival nous avons trois enjeux : le premier est de porter des capsules vidéo (retour de chaque journée). Le second, est de réaliser deux reportages : un sur le jury des lycéens et l’autre sur la projection du documentaire « Ka’apor, le dernier combat » projeté au carbet de l’association du village chinois. Le troisième est axé sur des interviews plus longues, des personnalités incontournables du FIFAC.

Propos recueillis par Rafalskie Molie et Christine Charles

DE L’IDEE AU PROJET, DU PROJET A LA REALITE

L’ouverture officielle du FIFAC (festival international du film documentaire Amazonie-Caraïbe), a remporté un vif succès auprès du public qui s’était déplacé nombreux pour assister aux premières projections de films documentaires. C’est dans une ambiance conviviale que Madame Sophie-Charles, maire de la ville Saint-Laurent du Maroni a terminé son discours en disant : j’appelle de mes voeux que cette aventure humaine et ce beau projet collectif qu’est le FIFAC rayonnent par-delà de nos frontières et qu’il s’installe durablement dans la ville qui l’aura vu naitre ». Puissent ses souhaits se réaliser.

Manaée Pancrate-Brutel et Bricella Pinas

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