L’esprit de la programmation
« La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Lorsque cela est accordé, le reste suit. » George Orwell
Nous traversons une époque où les mots de l’auteur de 1984 sont mis à mal, dans un monde où la désinformation et les discours trumpistes rebattent les cartes de notre perception du réel. Et 2+2=5 devient acceptable grâce au flux d’informations et de propagande déversées par des chaînes d’information, les réseaux sociaux et les fakes news générées par l’intelligence artificielle.
Dans ce monde traversé par les guerres, les déplacements de population, la montée des idéologies haineuses, l’absence de remise en question de notre système face au dérèglement climatique, et où les libertés artistiques sont de plus en plus mises à mal, quelle est la place du film documentaire ?
Depuis sa création en 2019, le FIFAC n’a cessé de proposer des récits qui témoignent de l’état de notre monde, et aident à comprendre l’histoire des territoires et des peuples d’Amazonie et de la Caraïbe, marquée par l’esclavage et la colonisation, le pillage des richesses, et la mise sous tutelle de pays par les États-Unis.
Cette année encore, ces récits prennent corps, celui des femmes en particulier, que ce soit par des histoires d’exil, la quête d’une identité culturelle. Des histoires intimes et familiales, mais toujours universelles, où chacun et chacune y trouvera un écho.
Avec plus de 35 films projetés, nous espérons que ces 5 jours de festival sauront créer cet espace de rencontres et de discussions qui nous aident à mieux nous connaître les uns les autres.
Les votes du jury professionnel, sous la présidence de l’écrivaine Gisèle Pineau, du jury Demain, du jury lycéen, ainsi que ceux du public, récompenseront le travail des réalisateur.rice.s à travers 5 prix révélés le samedi 10 octobre.
Avec la présence de réalisateur.rice.s, producteur.rice.s et diffuseur.se.s, le FIFAC, le Pôle Image Maroni et Doc Amazonie Caraïbe poursuivent leur objectif de structurer la filière audiovisuelle en Guyane, dans les Caraïbes et en Amazonie grâce aux rencontres professionnelles, aux résidences d’écriture et aux pitchs.
Cette dynamique ne pourrait exister sans nos partenaires fondateurs : France Télévisions Outre-mer et Guyane La 1ère, et la Ville de Saint-Laurent du Maroni, qui soutiennent le festival depuis 2019, ainsi que le Pôle Image Maroni par qui tout a commencé.
Nous remercions aussi la collectivité Territoriale de Guyane qui soutient et accompagne le FIFAC depuis sa création, et œuvre avec force au développement de la filière audiovisuelle et à la production de films de fiction et de documentaires en Guyane, conjointement avec la Commission du Film et l’association G-CAM.
Le festival ne pourrait exister sans le soutien des services de l’État, de la direction des Affaires culturelles de Guyane et du CNC que nous remercions, ainsi que nos partenaires institutionnels, privés et techniques, notamment le Centre Dramatique Kokolampoe.
Durant 5 jours, les opérateurs du pôle culturel du camp de la Transportation s’unissent pour vous proposer un voyage riche en émotions qui, nous l’espérons, ne laissera personne insensible.
Nous vous souhaitons une très belle 8e édition !
Frédéric Belleney
Dans le berceau du fleuve, au bruit du vent, bercés par les sons, chatouillés par les odeurs, happés par les images, nous nous plongeons dans une histoire.
Telle est la magie du documentaire.
Il nous transporte sans artifice. Il nous fait entrer dans des vies, des territoires, des réalités qui ne sont pas toujours les nôtres, mais qui finissent souvent par nous toucher profondément.
C’est aussi pour cela que ce festival trouve une place si particulière à Saint-Laurent du Maroni.
Notre ville est elle-même faite de récits, de passages, de cultures, de mémoires et de transmissions. Ici, le fleuve raconte autant qu’il relie. Il porte des histoires anciennes, des trajectoires familiales, des langues, des départs, des retours, des espoirs.
À travers les œuvres présentées cette année, cette nouvelle édition nous invite une nouvelle fois à regarder ces réalités avec attention. La transmission, l’exil, l’identité, la place des femmes, la préservation de nos territoires : autant de sujets qui trouvent un écho particulier ici, dans l’Ouest guyanais.
Accueillir un tel rendez-vous, c’est donc bien plus qu’accueillir une programmation culturelle.
C’est permettre à Saint-Laurent de prendre toute sa place dans cet espace amazonien et caribéen auquel nous appartenons pleinement. C’est permettre à notre population de découvrir d’autres récits, mais aussi de mieux regarder les siens.
C’est aussi, et j’y tiens particulièrement, donner à notre jeunesse la possibilité de se projeter.
De comprendre que nos histoires peuvent être racontées par nous-mêmes. Que nos paysages, nos mémoires, nos réalités, nos combats et nos rêves ont toute leur place à l’écran. Que l’on peut venir de Saint-Laurent du Maroni et porter un regard qui compte.
Le Camp de la Transportation accueille une nouvelle fois cette manifestation, et cela a du sens. Ce lieu, profondément inscrit dans l’histoire de notre ville, est devenu au fil des années un espace de culture, de création et de transmission. Il est aujourd’hui un lieu où notre passé dialogue avec notre présent et où peuvent naître de nouveaux récits.
La Ville de Saint-Laurent du Maroni est fière d’accompagner cette nouvelle édition et toutes celles et ceux qui la rendent possible.
Je souhaite à chacun de se laisser porter par les images, les voix, les histoires.
Et surtout, de ressortir de ces projections avec l’envie de regarder notre territoire autrement.
Très belle édition 2026 à toutes et à tous.
En année 8, le FIFAC 2026 explore tous les trésors de ses symboles…
L’équilibre toujours…
La justice encore…
Et l’autorité aussi, mais cette fois celle des familles…
Il y a toutes sortes de familles dans les récits du cru 26, celles qui se recomposent, celles qui se requestionnent, celles qui se réinventent, celles qui se réparent…
Entre les trous dans la couche d’ozone et les creux du dialogue mondial, c’est un peu comme si on tentait de resserrer les liens, un zoom salvateur pour s’éloigner des tumultes d’un monde désemparé…
Une édition pour explorer l’intime, les secrets, les tabous, les actes masqués ou manqués. On tente de trouver à l’intérieur ce que l’extérieur n’offre plus… Les jeunes s’y mettent, des histoires de famille en quête de lignée ou tout simplement de cercles vertueux faits de dialogue simple, d’harmonie, de pureté…
À l’endroit même où la force de la forêt amazonienne pourrait inviter chacun à cohabiter la terre différemment…
Bon festival à tous.
Sylvie Gengoul
Le Festival International du Film Documentaire Amazonie – Caraïbes revient cette année pour sa 8ᵉ édition, avec une programmation qui confirme la richesse et la diversité des histoires de nos territoires caribéens et amazoniens.
À travers 35 films documentaires, le FIFAC nous invite à découvrir des récits singuliers qui abordent les réalités de nos sociétés : des femmes en lutte contre l’oppression, des parcours d’exil et de quête d’identité, des histoires de familles et de transmission, mais aussi la place des cultures et des langues. De l’Oyapock au Maroni, du Canada à Haïti, ces histoires témoignent de la diversité des parcours et des territoires qui composent notre grande région.
Cette 8ᵉ édition porte également un regard sur les enjeux environnementaux qui traversent l’Amazonie et les Caraïbes : la forêt, l’eau, les milieux naturels et les conséquences de leur dégradation. Autant de réalités qui nous invitent à mieux appréhender les transformations de nos territoires.
Cette édition revêt une résonance toute particulière pour la Guyane, avec la présentation de dix films guyanais au sein de la programmation. Certains d’entre eux ont bénéficié de l’accompagnement financier de la Collectivité territoriale de Guyane. Cette présence témoigne concrètement de la vitalité de la création audiovisuelle guyanaise, mais aussi de la volonté de la Collectivité de soutenir l’émergence des talents, d’accompagner les projets et de permettre à nos récits de trouver leur place, ici comme au-delà de nos frontières.
Mais le FIFAC est aussi un rendez-vous essentiel pour le développement de la filière audiovisuelle en Guyane, dans les Caraïbes et en Amazonie. Les résidences d’écriture, les sessions de pitch, les rencontres professionnelles et la présence d’auteurs, de réalisateurs, de producteurs et de diffuseurs favorisent les échanges, la mise en réseau et les coopérations entre les acteurs de la grande région.
Cette dynamique rejoint pleinement l’action de la Collectivité territoriale de Guyane en faveur du cinéma et de l’audiovisuel. Le FIFAC contribue à valoriser la diversité et l’authenticité des peuples et des cultures de la zone Amazonie-Caraïbes, tout en participant à la structuration d’un écosystème régional de production audiovisuelle.
La place accordée aux jeunes, à travers les séances scolaires et le jury lycéen, participe également à la transmission et à l’accès de tous à la création documentaire. Ouvert au grand public, le festival permet ainsi de réunir les publics, les professionnels et les œuvres.
Depuis sa création, la Collectivité territoriale de Guyane accompagne le FIFAC et œuvre au développement de la filière audiovisuelle ainsi qu’à la production de films de fiction et de documentaires en Guyane. Nous continuerons à soutenir cette dynamique avec conviction, pour faire vivre la création audiovisuelle et renforcer les liens entre notre territoire, les Caraïbes et l’Amazonie.
Je souhaite à toutes et à tous une très belle 8ᵉ édition du FIFAC, riche en découvertes, en rencontres et en échanges.
Gabriel Serville
Quand les murs s’écroulent, les horizons s’ouvrent
FIFAC 2026 naît d’une conviction simple : pour continuer à vivre, il faut oser se transformer.
Cette nouvelle édition brise les frontières qui nous contenaient. Elle élargit ses bras à de nouveaux territoires, embrasse une géographie étendue.
Mais il ne s’agit pas seulement de s’agrandir. C’est de nous demander : qui n’avons-nous pas encore vu ? Quels cinéastes restent invisibles ? Quels publics ne se sentent pas concernés ? Quelles histoires résonnent sur d’autres continents ?
Des femmes se lèvent.
Dans la nuit des silences
elles cherchent les absents.
Des filles tiennent bon.
Sous le poids des héritages
elles portent demain.
Au loin, d’autres rives.
L’exil remue la mémoire,
la mer garde les noms.
Canada, Haïti.
De l’Oyapock au Maroni,
les histoires se répondent.
Familles défaites.
Amours cousus de nouveau.
Identités sur fil.
Une carte dit peu.
Les racines, elles, hésitent
entre départ, retour.
Créole et blues mêlés.
Électro, kasékò, corps.
Les mondes se rencontrent.
La forêt murmure.
Les esprits grondent encore.
L’eau porte l’alerte.
Montagnes blessées.
Poissons devenus poison.
La terre nous regarde.
Et toujours l’océan.
Horizon des blessures,
des retours possibles.
Cette année encore,
le réel nous emporte
dans ses vies singulières.
Trente-cinq films, là,
au Camp de la Transportation.
Trois écrans, deux ciels.
Du 6 au 10 octobre 2026, le FIFAC fera vibrer Saint-Laurent du Maroni au rythme du documentaire, des rencontres et des regards partagés.
Avec les réalisateurs, producteurs, diffuseurs, avec le Pôle Image du Maroni et Doc Amazonie Caraïbes, le festival poursuit un même mouvement : faire circuler les œuvres, relier les acteurs, renforcer la filière audiovisuelle en Guyane, dans les Caraïbes et en Amazonie.
À celles et ceux qui rendent cette aventure possible – partenaires fondateurs, institutionnels, privés et techniques – nous adressons notre profonde gratitude.
Très belle 8e édition à toutes et à tous.
Serge Abatucci