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Autant le Fifac veut donner à voir le meilleur du documentaire d’Amazonie et des Caraïbes, autant il veut créer les conditions d’un marché professionnel, en organisant des colloques et surtout des rencontres entre professionnels permettant la structuration et le développement de la filière à l’échelle de la grande région.

Cette première édition des rencontres professionnelles du Fifac est marquée par la réforme de l’audiovisuel public décidée par le gouvernement en juillet 2018. La réforme cherche à augmenter la visibilité de l’Outre-mer en métropole dans l’ensemble de l’offre de France Télévisions (France 2, France 3, France 5) et avec le lancement d’une plate-forme numérique dédiée aux Outre-mer au premier trimestre 2020. L’arrêt de France Ô est programmé en août 2020 ; les antennes 1ères verraient leur fonctionnement renforcé avec notamment un budget doublé pour le documentaire ultra-marin.

Colloque Produire en région : de gauche à droite : Béatrice Nivois (directrice des documentaires & magazines du Pôle Outre-Mer de France Télévisions), Catherine Alvaresse (directrice de l’unité documentaire de France Télévisions), Laurent Corteel (directeur des contenus du Pôle Outre-Mer de France Télévisions), Walles Kotra (directeur du Pôle Outre-Mer de France Télévisions), Jean-Claude Ho-Tin-Noe (directeur régional de Guyane La 1ère), Muriel Thierrin (Vice-Présidente de l’association Guyane – Cinéma, Audiovisuel et Multimédia - G-CAM), Claire Schwob (Syndicat de la production audiovisuelle et cinématographique des Outre-mer – Spacom)

Le Fifac a organisé de nombreux temps forts où il faut remarquer l’importante délégation de France Télévisions avec plus de 20 représentants accrédités :

  • Colloque Produire en région avec la collaboration du Spacom (Syndicat des producteurs de l'audiovisuel et du cinéma en Outre-mer) et de France Télévisons
  • Colloque sur la coopération interrégionale organisé par Guyane La 1ère
  • 5èmes Rencontres de coproduction Doc Amazonie Caraïbe, en partenariat avec Doc Monde
  • Session ouverte de pitchs
  • Masterclass et conférences

Au total, 143 professionnels ont été accrédités pendant le Fifac, issus d’une quinzaine de territoires ou pays d’Amazonie Caraïbe. La majorité des débats étaient traduits simultanément anglais/français, et enregistrés permettant un travail sérieux de synthèse (à télécharger).

Nombreux ont été les liens tissés, rendez-vous de travail effectués et futures collaborations ou contrats envisagés. A l’heure de la réforme de l’audiovisuel public et du bouleversement en cours au sein du Pôle Outre-mer de France Télévisions, nombreux sont les producteurs ultra-marins qui regrettent déjà leur absence au Fifac. Fort heureusement pour eux, l’acte II des rencontres professionnelles s’annonce déjà lors de la deuxième édition du Fifac, du 6 au 10 octobre 2020.

C'est tout l'objet du Fifac : donner à voir le meilleur de nos territoires et donner les conditions afin que le meilleur puisse s'y envisager.

Vos retours sur les Rencontres professionnelles

En Novembre, en partenariat avec le Pôle Image du Maroni, le FIFAC organise des projections Ciné au quartier dans le cadre du Mois du documentaire.

A cette occasion, le festival se poursuit hors les murs :
Ka’apor, le dernier combat de Nicolas Millet, sera diffusé au village Paddock le 15 novembre 2019 et Fabulous d’Audrey Jean-Baptiste (Prix des lycéens 2019), le 29 novembre 2019 au village Balaté.

Toutes les informations sur les projections sur le site du Pôle Image du Maroni

PRIX DU MEILLEUR CONTENU DIGITAL

Now Come, de Cédric Ross.

PRIX DES LYCÉENS

Fabulous, d’Audrey Jean-Baptiste

PRIX SPÉCIAL DU JURY

Ex-æquo

Untɨ Les Origines, de Christophe Yanuwana Pierre

 

Scolopendres et Papillons, de Laure Martin Hernandez et Vianney Sotès

GRAND PRIX DU FESTIVAL

Douvan Jou Ka Leve, de Gessica Généus

S’accepter pour être accepté

« Fabulous » est un film documentaire d’une durée de 46 minutes, réalisé par la guyanaise Audrey Jean-Baptiste, en 2018.

A travers le portrait de Lasseindra Ninja, qui fait son retour en Guyane après une longue absence, la réalisatrice nous fait découvrir la communauté noire LGBTQIA+ par le voguing fem. C’est une danse inventée dans les clubs souterrains de New-York dans les années 80, s’inspirant des défilés de mode. La musique plus particulièrement, nous plonge dans l’univers des danseurs LGBTQIA+. Chaque sujet, danse et LGBTQIA+ permet de découvrir l’autre réciproquement, dans un long métrage très dynamique. 

Derrière cela, comme pour le  film-documentaire « Tournés vers la Mecque » de Mariette Monpierre,  présenté aussi au festival, on retrouve un besoin pour chacun de recherche et d’acceptation de soi mais aussi par les autres. On repère dans ces deux productions un monde séparé de la société,  un monde qui existe mais auquel on ne prête pas attention.

Cependant ce film nous invite à changer les  mentalités pour évoluer. Cette réalisation est vraiment intéressante, car elle fait tombé les préjugés. Elle nous amène à découvrir, voir les autres sous un regard nouveau, avec respect et vitalité.

A NE PAS RATER !

Benjamin Antoinette

Léo Dalquier

Ryenzo Icare    

Touyawalé Therese

Croire jusqu'à la folie

« Douvan jou ka leve » veut dire littéralement « demain, le jour se lève » . Réalisé en 2017 ce film de 52 minutes a déjà été projeté dans différents festivals.

« Douvan jou ka leve » cherche à comprendre pourquoi la religion chrétienne s’exprime avec autant d’intensité au sein de la population haïtienne , et mène parfois jusqu’à la folie. La réalisatrice parle même de « maladie de l’âme ». Pour comprendre ce phénomène, elle s’appuie sur l’exemple de sa maman qui souffre de maladie mentale. Cette dernière considère que la folie quelle a eu quasiment pendant un mois est une punition du vaudou pour s’être convertie au protestantisme.

La réalisatrice fait rentrer sa caméra dans des églises, dans un asile et dans la maison où elle a grandi. On est surpris de constater que de nombreuses personnes ont des attitudes similaires proche de la folie (état second, perte de contrôle, paroles irrationnelles), les symptômes d’une même maladie. Nous avons trouvé certaines scènes saisissantes, en particulier celles qui montrent les transes dans les églises.

Par moments, le documentaire n’est pas forcément facile à comprendre. C’est peut-être pour mieux refléter la complexité de la situation. En revanche, sur le plan esthétique, le documentaire est bien réussi (au niveau du cadrage), ce qui permet de renforcer la dramatisation de certaines scènes notamment en asile et au niveau des défilés dans les rues. Ce qui était parfois touchant c’est que certaines personnes considèrent que les problèmes et catastrophe sont liées à des malédictions. 

Ce documentaire est singulier car il exprime le point de vue de la réalisatrice. Selon son hypothèse, cette forte religiosité serait un héritage de la colonisation et de l’esclavage. Nous recommandons ce film car il permet de mieux comprendre la place de la religion en Haïti.

Jennyfer Farias

Stéphanie Jarumajaré

Rylian Icaré

Pang-Doua Yang

Une mémoire à sauvegarder

« Unti les origines », un documentaire de 56 minutes, est le premier long métrage de Christophe Yanuwana Pierre sorti en 2018. Le réalisateur nous montre les coutumes ancestrales de la culture Kali ‘na  à travers son propre vécu, dans un film à la première personne. Son voyage vers le mont Talwakem, un lieu sacré, lui permet de partager son inquiétude sur la situation actuelle: l’orpaillage qui détruit les terres et les croyances, la disparition du chamanisme, de sa langue, du devenir de sa communauté elle-même.

Certains plans assez longs et silencieux, éveillent la curiosité des spectateurs et sont entièrement tournés en Kali ‘na, la voix off posée permet aux spectateurs de plonger dans son univers, celui de son peuple et de découvrir sa réalité.

Ce film apparaît comme un manifeste, en effet il est fait pour sensibiliser sur la disparition d’éléments de cet univers. Pour ne pas arriver à cette perte, la voie du documentaire permet de préserver, transmettre ses mémoires même s’il peut être difficile de filmer sa propre famille.

Ici, un documentaire amérindien réalisé par un amérindien.

Soutou Yana

Ly Christina

Pinas Ariel

Majokko Andréa

Une tragédie pas si antique que ça

« Le vertige de la chute (ressaca) » est un documentaire brésilien de 86 minuntes réalisé par Vincent Rimbaux et Patrizia Landi en 2018. Il montre la violence de la crise brésilienne actuelle à travers le prisme de l’opéra de Rio de Janeiro. Face à sa fermeture prochaine, les danseurs étoile, les musiciens de l’orchestre symphonique, les logeuses et les portiers ont décidé de se battre pour le maintenir en vie, même s’ils ne sont plus payés.

Dès les premières images, le film impose son style esthétique avec un récit original. Tourné en noir et blanc, en format cinémascope pour toucher la sensibilité des spectateurs, il est découpé en 5 actes, tout comme l’étaient les tragédies antiques.

A travers différents personnages, les réalisateurs établissent un contraste ingénieux : celui de l’art et du chaos. L’intensité de la musique lors du premier spectacle nous place directement dans la gravité de cette crise tragique. Ils nous font découvrir avec une vision artistique et poétique la manière dont les personnes résistent à la crise. Les musiques accordées tout le long du film nous permettent de nous identifier à ces personnages.

C’est un film touchant, rempli d’émotion et de métaphores. Nous vous le recommandons fortement pour son sujet particulièrement parlant à notre époque.

L’islam, un combat dans les Antilles

« Tournés vers la Mecque » est un documentaire de 52mn réalisé par Mariette Monpierre en 2019. Ce film traite d’un sujet relativement méconnu, à savoir la vie de femmes et d’hommes antillais convertis à l’islam.

Ce documentaire témoigne en particulier de leur isolement. Un long métrage lent par son traitement du sujet qui montre la lourdeur de porter cette religion face aux préjugés et à la difficulté de la pratiquer : la réalisatrice suit plusieurs personnes dans leur quotidien.

On y voit des femmes qui ont peu de lien avec les gens qui ne pratiquent pas l’islam.

Des scènes vont parfois jusqu’à nous choquer : une cliente qui prend rendez-vous le décline car la coiffeuse porte un voile.

Mais, malgré tout, les femmes continuent à porter ce voile, qui fait partie de leurs pratiques. Pour certaines, ces pratiques sont un moyen de s’évader, de s’apaiser et non pas de s’enfermer.

Nous avons aimé la façon dont les protagonistes assument avec force et fierté, leurs convictions, leurs identités et leurs choix de vie.

La religion est un sujet parfois difficile à aborder. Le film porte tout de même un beau message de tolérance et de paix.

Jennyfer Farias

Rylian Elina

Stéphanie Jarumajaré

Pang-Doua Yang

Le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple

“El pais roto” est un film de 69mn réalisé par Melissa Silva Franco au Venezuela en 2018. C’est un documentaire qui nous montre la crise politique que traverse actuellement le Venezuela.

Dans un pays fracturé, c’est à travers le regard du peuple que la réalisatrice choisit de nous plonger en pleine lutte sociale, en donnant la parole à tous les camps. Ce film nous immerge dans un combat dont on se sent vite acteur nous aussi, grâce à un choix de plans judicieux.

L’histoire du film est facile a comprendre cependant celle du Venezuela est très complexe et rend le film difficile à saisir dans sa globalité. Un film très rythmé avec beaucoup de dialogue et donc beaucoup de sous-titres qui défilent rapidement, ce qui le rend difficile d’approche si vous n’êtes pas hispanophone. Ceci dit, la bande son est bien travaillée et appuie le propos du film.

C’est un film pour montrer et dénoncer la violence, la corruption, la détresse et la brutalité que peut subir le peuple écrasé par le poids souvent trop lourd de la politique.

El Païs Roto, est un film de lutte et de résistance pour la liberté.

Da Conceicao Leonice

Nogueira Thalyssia

Koese Brigitte

Kastiel léosa

Kwadjanie Mercrine

Les douleurs passées toujours présentes

« Scolopendres et Papillons » est un film documentaire de 52 minutes réalisé par Laure Martin Hernandez, en co-réalisation avec Vianney Sotès. Il a été tourné en Martinique en 2019. 

Ce documentaire traite d’un sujet douloureux, l’inceste, à travers le portrait de trois femmes ayant été victimes d’attouchements durant leur enfance. Ces femmes courageuses, parlent avec émotion et sans fard, de leur traumatisme passé. Aujourd’hui, chacune essaie à sa manière de se reconstruire. Fabienne, la première, a créé une association d’écoute et d’aide aux victimes. Par ses mots et son vécu, elle réconforte et soutient des personnes qui ne peuvent plus se taire. La seconde, Agnès, se sert du théâtre pour exprimer sa douleur. Elle écrit elle-même ses propres pièces puis les présente au public. Quant à la dernière, Daniely, elle ne parvient pas à véritablement surmonter son passé. Elle utilise l’art, et plus précisément les insectes pour parler d’inceste. D’ailleurs, on peut remarquer que deux des lettres du mot insecte peuvent être échangées pour former le mot inceste. Le titre du documentaire est d’ailleurs inspiré de ses travaux artistiques. Les sentiments et les émotions de ces jeunes femmes sont exprimés à l’écran grâce à un gros travail de réflexion sur le cadrage (gros plans en fond noir). C’est un aspect que nous avons beaucoup apprécié. Le moment fort du film est évidemment la représentation théâtrale de Agnès : elle met en scène son histoire qui a été longtemps secrète, elle la raconte sans tabou au public. Il s’agit donc d’une réalisation qui nous a, dans l’ensemble, plu par sa structure narrative qui nous met directement dans la peau des victimes, et nous oblige à nous questionner quant à l’aide à leur fournir ou le regard neuf et bienveillant à leur porter. 

C’est un film à recommander, parce qu’il sensibilise et ouvre les yeux sur un sujet éminemment lourd, grave, peu ou pas médiatisé, souvent gardé secret dans des familles, et encore présent dans notre société contemporaine.  

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